Le clos-masure, une contrainte pour les canalisations
Oherville est une petite commune rurale d’environ deux cent cinquante habitants, posée sur le plateau de Caux et rattachée à l’intercommunalité de la Côte d’Albâtre. Son paysage ne diffère guère de celui d’Houdetot ou des hameaux alentour : de vastes cours d’herbe plantées d’arbres de haut jet, entourées d’un talus, où le logis, la grange et les dépendances se répartissent aux quatre coins de l’enclos. Beaucoup de ces clos-masures conservent une mare, seule réserve d’eau de surface sur un plateau crayeux qui n’en offre aucune.
Cette organisation du bâti, magnifique à regarder, complique sérieusement la recherche d’une fuite. Le compteur est planté en bordure de chemin, la maison se trouve à l’autre bout de la cour, et entre les deux court une alimentation dont plus personne ne connaît le tracé exact. Quarante à quatre-vingts mètres de canalisation enfouie sous l’herbe, les racines et parfois un ancien passage de charrettes.
Ce qui cède en premier à Oherville
Sur ces propriétés, la fuite se déclare presque toujours sur ce long linéaire enterré, rarement dans la maison. Le sol crayeux absorbe l’eau sans broncher : aucune flaque, aucun affaissement, simplement un compteur qui n’arrête plus de tourner et une facture qui double. Les tronçons en acier galvanisé desservant une dépendance abandonnée sont les plus fragiles, suivis des raccords repris à la va-vite lors d’un remplacement partiel.
Le second point sensible tient aux arbres du talus. Leurs racines cherchent l’humidité et s’introduisent par les joints des évacuations anciennes, en grès ou en fibrociment, jusqu’à les fissurer ou les obstruer complètement. Le symptôme est alors différent : un regard qui reflue, une odeur, un sol détrempé au-dessus du drain.
Chercher sans ouvrir la cour
Ouvrir une tranchée de cinquante mètres dans un clos-masure n’a aucun sens. Nous procédons donc par élimination. Le réseau sous pression se sonde d’abord à l’oreille : l’écoute électro-acoustique suit le sifflement du jet le long du tracé et le cerne dans une zone réduite. Lorsque le terrain est trop bruyant ou la conduite trop profonde, nous la vidons pour y introduire un traceur gazeux : plus léger que l’air, ce gaz traceur s’élève dans le sol et affleure exactement au-dessus du percement. La fouille se limite alors à un carré de quelques dizaines de centimètres.
Pour les évacuations envahies par les racines, l’inspection par caméra de canalisation descend depuis le regard et situe le défaut au mètre près, sans rien démonter. Si le doute porte sur un pied de mur ou un plancher, la caméra thermique délimite la surface réellement humide avant toute intervention.
Organiser le rendez-vous
Une soixantaine de kilomètres séparent Oherville de Trouville-sur-Mer, dans un secteur de Seine-Maritime que nous parcourons chaque semaine. Nous calons la visite sur une demi-journée, voire le jour même si vous appelez de bon matin. Il est utile, avant notre venue, de fermer tous les robinets et de relever deux fois le compteur à une heure d’intervalle : l’écart nous renseigne déjà sur l’ampleur de la perte.
L’estimation ne coûte rien et vous est communiquée en amont de la visite. L’écrit qui vous est remis, plans et clichés à l’appui, correspond exactement à la pièce que réclame la convention IRSI. Nos déplacements nous mènent aussi tout près, à Riville et à Yerville.